Tuesday, December 6, 2016

Talks at the Yan'an Forum on Literature and Art, Mao Zedong (1942)


Ya’an est depuis 1935 un lieu fort du communisme. Trouvant un refuge contre l’invasion Japonaise, une partie de la population côtière s’y installe. C’est ainsi que le PCC se retrouve dans une position ou il doit à la fois réaffirmer ses fondements idéologiques, notamment en sinisant la rhétorique Marxiste (ce qui confirmera la position de Mao à la tête du parti), ainsi que s’assurer l’intégration progressive de cette vague migratoire. C’est donc en 1942 alors que le contrôle et l’assimilation des nouveaux intellectuels apparait aux yeux du parti comme un enjeu majeur, que Mao présente sous la forme de trois séances, un débat autour de la question littéraire, artistique et du travail révolutionnaire :

La position sociale des artistes, leur attitude, et l’orientation de leur travail sont les thèmes principaux du débat/conférence de 1942. Ces Trois axes de la production littéraire et artistique qui sont dans un premier temps commentés, puis délimités et enfin valorisés selon une analyse proprement communiste, signe en réalité la mise en place d’un pouvoir autoritaire qui composera les fondements de la doctrine Maoïste.

L’ensemble de la réflexion s’axe autours de trois principes : 


-        Le premier est l’association de la production littéraire et artistique comme analogue à l'engagement militaire. Thésaurisé autours de la Question de l’Ennemi, elle se dessine autours de 3 pôles (le Japon, le KMT et les notions féodalité/bourgeoisie,). 

-        L’assimilation du peuple au Parti conduisant à une indifférenciation des deux entités, qui légitimise le pouvoir et ses actions au nom du bien commun. 

-        Et enfin le principe de lutte des classes placé comme valeur universelle, en ce sens qu’il exprime une vision pragmatique du monde désignant le peuple et donc le parti comme le moyeu de l’action révolutionnaire.

Ces fondements qui constituent le communisme prennent une coloration nouvelle avec Mao qui, en les adaptant à la culture chinoise, s’en sert pour délimiter la production artistique. 

Fort de cette conception politique, il impose dans un discours rhétoriques les nouveaux horizons culturels. Il prône ainsi la création d’une littérature de masse dans sa diffusion comme dans son accessibilité (simplification style, héros populaire…) et organise à la fois un outil de propagande et de « rééducation » sociale. Il instaure ainsi un art politique « réalistes socialiste » prêt à façonner une mythologie communiste chinoise et se dote, par la même, d’un outil de censure et d’évaluation des intellectuels.

Mao ne tient en définitive aucune position exclusive. Sa conception réside principalement dans une approche relativiste. Plus qu’interdire, il oriente, donc, l’activité littéraire jusqu’à encourager la critique. Celle-ci devant s’inscrire dans les actions du parti définit comme indiscutable au vu des trois principes précédemment cités ou devant être corrigée. 

C’est ainsi, en justifiant une vision politique de la production artistique qu’apparurent les premières institutions ré-éducative, conduisant à une approbation, naturelle ou contrainte, aux idées du parti.

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