Tuesday, December 13, 2016

On the People’s Democratic Dictatorship, Mao Zedong (1949)



 T.Sophie
L3S1S12
On the People’s Democratic Dictatorship, Mao Zedong (1949) :


                Cet essai intitulé « De la dictature démocratique populaire » paraît en juin 1949, immédiatement à la fin de la 2nde Guerre Mondiale, quasiment à la fin de la guerre civile qui a opposé les troupes de l’APL à celle du Guomindang. L’APL s’est alors emparée des villes côtières de Nanjing à Shanghai. II précède de quatre mois la proclamation de la RPC, le 1er octobre 1949 de la République populaire de Chine. Ce texte réactualise le point de vue maoiste sur le rôle essentiel de la paysannerie, sur le front uni, mais fait preuve aussi d’un réel opportunisme politique. En effet, les communistes chinois sont en train de rencontrer des difficultés dans la gestion économique des zones conquises par l’APL. Ainsi on comprend la mention de la « bourgeoisie nationale » dont les communistes ont besoin pour leurs capacités gestionnaires. Néanmoins, cet essai sert de  base théorique à la RPC et annonce l’union populaire de quatre différentes classes sociales, celle de la classe ouvrière, de la petite paysannerie, de la petite bourgeoisie et de la bourgeoisie nationale précédemment citée, toutes unies contre les impérialistes, féodaux ainsi que les autres « ennemis du peuple », auxquels Mao dénie tout droit de suffrage dans sa « Démocratie nouvelle », nom donné à cette première période de reconstruction de la Chine.
                Il peut paraître assez antithétique de rapprocher les termes de dictature et démocratie populaire, cependant dans cet essai, Mao livre sa vision des choses, et développe le sens qu’il entend derrière ces mots. En effet, pour lui il y a une dictature nécessaire du parti communiste au pouvoir car celui-ci, bien que possédant tous les outils du pouvoir, n’agit que grâce à la légitimité que lui confère le peuple, et dans son intérêt. C’est en cela qu’il appelle ce régime une dictature démocratique populaire, et que celle-ci est vue de façon positive.
                Mao affirme également dans cet essai qu’en dehors de l’unité populaire du peuple chinois, il faut viser une union internationale, et pour cela intégrer aussi les alliés idéologiques, en particulier le « frère soviétique », qui a soutenu, influencé mais aussi aidé matériellement le PCC. Mais d’autres pays voisins sont aussi concernés : on pense notamment au Vietnam (la RPC va aider les communistes vietnamiens dans leur guerre d’indépendance) et à la Corée (envoi d’armes et de « volontaires » chinois lors de la guerre de 1949-1953).
              Afin d’atteindre ses objectifs, Mao n’hésite pas à justifier la dictature radicale envers les opposants du système, les « réactionnaires », les  « running dogs of imperialism », les réactionnaires nationalistes et à les censurer, les priver « du droit de parole »,  et même à les éliminer physiquement. Ce texte nous éclaire sur la répression ultérieure pratiquée en RPC.
                En filigrane de cet essai, on comprend que Mao envisage déjà un programme de réforme de très grande ampleur. Il veut à la fois restructurer le pays autour de réformes économiques en passant par des réformes agraires et industrielles, réformer structurellement la société en l’épurant de ses ennemis, et enfin faire une réforme militaire afin de renforcer l’appareil d’Etat, et assurer la sécurité du peuple, le tout pour retrouver la grandeur de la Chine.
                Ce texte préfigure les grandes lignes de la politique de Mao, et fait apparaître son pragmatisme politique sans scrupules (élimination des concurrents, de l’opposition, contrôle de la population grâce à une armée puissante sous ses ordres…), et sa volonté de contrôler l’ensemble de la société chinoise pour assurer la réussite du nouveau régime.

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