Friday, September 29, 2017

Les grands points de la réforme Taiping.

L’extrait du jour est issu de l’ouvrage de Gentzeler J. Mason et intitulé « Changing China : Readings in the History of China from the Opium War to the Present ». Le document concerne les pages 54 à 58 de l’édition Praeger de 1977 [détails inutiles]. Le sujet du texte étant le plan de réformes sociales et économiques des Taiping de 1853, il évoque les évènements de la fameuse révolte de ce groupe débutée en 1851 et achevée en 1864. Et ayant marqué l’histoire par la fondation d’un empire enclavé dans celui de la Chine des Quing. Le Taiping Tianguo basé à Nankin, aussi nommé le Royaume Céleste de la Grande Paix, s’était établi dans le sud-est du pays et avalait des proportions gigantesques de régions sinon l’entièreté de celles-ci.

Notons que l’auteur premier de ce document est un acteur des évènements et s’adresse directement aux lecteurs de son temps, en incluant dans ses propos tels que « our Heavenly Father, the Supreme Lord and Great God ». Outre le fait que l’écriture engagée du personnage tienne plus du discours que d’un véritable édit impérial, puisqu’il doit s’agir du fondateur de la dynastie céleste Taiping (à savoir Hong Xiuquan), un détail devrait nous interpeller. En effet, la religion d’état en vigueur au sein de l’empire enclavé s’affirmait comme étant de nature chrétienne. Il y a aussi l’idée d’une missive sacrée incombant aux Taiping, celle de sauver le monde.

La première mesure importante de la réforme concerne le droit terrien. Le peuple paysan de la Grande Paix se voyait allouer des terres détenues par l’Etat, ayant abolie le droit à la propriété privée. Ainsi, des lopins de sites cultivables sont répartis pour chaque familles, sans distinctions d’âge ou d’origine ethnique. Le principe d’égalité étant le pivot du régime, surtout entre hommes et femmes. Le phénomène avait quelque chose de visionnaire pour l’époque, car si le mouvement avait pu perdurer, il aurait pu inspirer et provoquer plus tôt les évènements liés au Communisme en Asie ou les avancées sociales des courants féministes à l’ouest.

Le second point de l’extrait relate la volonté de prévenir une catastrophe alimentaire telle que la famine. Si bien que l’auteur promulgue l’intervention d’officiels de l’armée pour encadrer une manœuvre palliative, afin d’encadrer convenablement la population par tranche de vingt-cinq familles sous la responsabilité d’un sergent. Avec à disposition des greniers communs. Ceux-ci faisant l’objet d’éventuelles transactions surveillées par l’officiel en charge dans le secteur, dans le cadre de cérémonies (mariages, naissances, enterrements). Il est d’ailleurs défendu d’investir/prélever ( ?) plus que de raison, en plus de devoir payer un impôt en argent et en grain lors de ces évènements. Cette politique économique visant à subvenir à l’effort de guerre, avant tout.


Il y a également l’impératif pour les jeunes hommes et garçons d’aller à l’église commune du secteur. Afin d’y suivre une éducation rigoureuse du dogme. Les adultes eux devaient se conformer à une pratique entrant en contradiction avec le bel idéal d’égalité, la séparation des genres à l’église notamment. Sans doute pour suivre l’image du bon chrétien, pur et chaste, face à la tentation qu’entraine la proximité de l’autre. Outres ces diverses mesures, d’autres non citées s’avéraient néfastes comme bienfaitrices, et pouvaient par ailleurs entrer en contradiction avec ledit idéal d’égalité entre les sexe et les individus ; ce qui entrainera des conséquences dramatiques.

1 comment:

  1. Il s'agit bien d'un etxet officiel Taiping. Texte programmatique qui n'a pas connu d'application véritable. L'enjeu est dans le type de société qu'envisagent les Taiping. C'est un retour à une forme ancienne de la propriété terrienne, mêlée à une enrégimentation religieuse de la population.

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