Friday, October 20, 2017

CHEN DUXIU’S “CALL TO YOUTH” FROM NEW YOUTH (1915)



Le document étudié est une traduction du texte intitulé « Call To Youth », publié dans le journal New Youth en 1915. L’auteur de cette publication est Chen Duxiu, également fondateur du journal et une des figures de la révolution culturelle et du Mouvement du 4 mai. Via ce texte, il s’adresse aux étudiants, à la jeunesse chinoise dans son ensemble et cherche à les convaincre d’œuvrer pour une révolution et une modernisation du pays, à les galvaniser, mettant leur jeunesse, leur énergie au centre de leur force. Il prône également l’utilisation de la science et du progrès ainsi qu’une ouverture d’esprit, un certain cosmopolitisme. 


Chen Duxiu appelle les jeunes Chinois à travailler pour une révolution nationale, une révolution dont le moteur, selon lui, est cette jeunesse. Elle est synonyme d’éveil, de nouveauté, de force, de vigueur et d’énergie et s’oppose à la vieillesse, qui non seulement révolue est aussi dangereuse et préjudiciable (« the old and the rotten, regard them as enemies and as the flood or savage beasts, keep away from their neighborhood and refuse to be contaminated by their poisonous germs»). Ainsi, il compare la société à un corps humain : les nouvelles cellules, porteuses de vie, doivent remplacer les anciennes, qui, elles, sont instantanément éliminées.

L’auteur ensuite expose six principes qui sont pour lui fondamentaux à une révolution : l’indépendance, le progrès, le dynamisme, l’ouverture au monde, l’utilitarisme et la science. Dans une formulation très dichromatique, chaque principe est opposé à son contraire. Ainsi, être indépendant signifie ne pas être servile, être maître de soi-même dans ses opinions et ses réflexions et ne pas suivre aveuglément autrui. Etre progressiste signifie ne pas être conservateur, se tourner vers de nouvelles idées et ne pas s’attacher constamment au passé. Etre dynamique (« be aggressive ») signifie oser, travailler et se battre pour notre objectif malgré les difficultés, car il est impossible d’éviter « the struggle for survival ». Etre ouvert au monde extérieur signifie ne pas se renfermer sur soi-même car l’ignorance du monde mène à un pays isolationniste qui est statique et donc ne se développe pas. Etre utilitariste s’oppose à être formaliste : ce qui est important est ce qui est utile aux individus, et donc à la société, dans leur vie pratique et non plus la forme, l’aspect ou la valeur d’un objet ou d’une idée. Enfin, être scientifique signifie s’aider de la science et de son cheminement logique et de ses faits pour articuler sa réflexion et non de l’imagination et de l’arbitraire. Chen Duxiu expose ainsi ces concepts, les concepts en lesquels il croit, de façon dichotomique et très directe, presque agressive. 


Une autre dichotomie peut être notée : celle de la comparaison de l’Est et de l’Ouest. Effectivement, l’auteur met en opposition l’Occident et la Chine (« The Chinese […] Englishmen and Americans » ; «Such is one respect in which the different ways of thought of the East and West are manifested.») et semble choisir l’Occident comme modèle. Il écrit notamment « When compared with the achievement of the white race, there is a difference of a thousand years in thought, although we live in the same period.», mettant en evidence que la Chine pour lui est en retard par rapport à l’Occident. L’utilisation, cependant, du terme “white race” peut être relevée. S’agit-il d’un choix de traduction ou l’auteur lui-même a-t-il utilisé un terme chinois aussi fort et porteur de sens ? Son utilisation peut-elle être liée à l’époque du texte ?


On peut également relever, tout au long de ce texte, une idée caractéristique de la période de la révolution culturelle : le rejet des idées, des pratiques traditionnelles et confucéennes. En effet, ce mouvement d’une « nouvelle culture » cherchait à lancer la Chine dans la modernité, à la libérer de ce qui la retenait dans le passé et de nombreux jeunes révolutionnaires ont pointé du doigt les institutions confucéennes (« All our traditional ethics, law, scholarship, rites and customs are survivals of feudalism »). Ainsi pendant cette période, le système d’écriture chinois s’est vu simplifié et le folklore et mythes classiques critiqués et abordés de manière différente. De plus, les notions confucéennes ont été opposées à de « nouvelles » notions, notamment la notion d’individualisme qui est si étrangère à une nation depuis toujours tournée vers la notion d’intérêt commun ; dans ce texte, Chen Dixiu, lui, oppose l’indépendance intellectuelle et morale à la « loyalty, filial piety, chastity and righteousness » qu’il considère comme « a slavish morality ». 


Ce texte ainsi est le reflet d’une période de réflexion, de remise en question et de révolution littéraire et culturelle en Chine. Il nous montre que s’opérait un mélange des idées confucéennes et des idées « occidentales », une recherche d’une nouvelle Chine tournée vers plus d’individualisme, de socialisme et de modernité. New Youth est un des journaux les plus importants de la période car, en 1918, il publie le révolutionnaire Lu Xun et sa satire « The Diary of a Madman », qui critique la culture chinoise, et supporte le Mouvement étudiant du 4 mai 1919, symbole fort de la révolution.




1 comment:

  1. C'est un bon travail....mais deux fois trop long (350-400 mots). Il faut travailler la concision et introduire une dimension critique pluss nette. Vous progressez bien.

    ReplyDelete