Saturday, October 21, 2017

Compte rendu de lecture Les ouvriers des années 30

Alain Roux « Le Shanghai ouvrier des années 30. Coolies, gangsters et syndicalistes » Paris, l’Harmattan, 1993, 334p.

Alain Roux agrégé d’histoire en 1960, professeur émérite depuis 2002. Il a enseigné à l’université Paris-VIII et à l’Inalco. Ses recherches ont porté sur le mouvement ouvrier chinois à Shanghai avant l'arrivée du Parti communiste au pouvoir en 1949, sur la société shanghaienne à l’époque du Guomindang et sur l'intellectuel Qu Qiubai.

Dans ce livre nous apprenons la situation des ouvriers en Chine entre 1920 et 1940. L’auteur nous passe en revue tous les secteurs d’activité et tous les types de métiers manuels de l’époque.

On commence la lecture avec pour thème les ouvriers du coton on nous donne la description des effectifs que ce soit le nombre de travailleurs ou le pourcentage d’hommes et de femme dans chacune des usines en passant par un descriptif de l’endroit et des dimensions dans lesquelles ils travaillent.

On poursuit le chapitre par l’embauche de ces ouvriers et leur formation on voit dans ce chapitre que chaque entreprise a sa propre façon de recruter ses ouvriers mais qu’aussi la formation et la rémunération n’est pas égale avec des travailleurs qui viennent tous de milieux différents. Les entreprises font en sorte de perdre le moins d’argent possible en ayant recours à des actes parfois cruels. L’auteur en mettant en avant ce genre de pratiques nous en apprend plus sur la rémunération des travailleurs, leurs conditions de vie ainsi que sur l’inégalité des salaires.

L’auteur nous confronte à la dure réalité de la situation économique du pays qui a laissé les entreprises étrangères prendre part du marché. La misère règne pour les habitants situés loin des grandes villes industrielles, les parents vont même jusqu’à vendre leurs enfants en tant que main d’œuvre contre une rémunération mensuelle

Après quoi on passe au mouvement ouvrier et à l’encadrement des grèves ici l’auteur met en valeur que le peuple ouvrier tend à devenir une classe ouvrière mais que celle-ci est difficile à créer notamment dû au fait que les travailleurs venant de régions éloignées s’en vont après quelques années de service et aussi de la peur qu’ont les dirigeants de voir émerger une nouvelle classe avec un certain pouvoir de décision on nous dit dans le livre que les hommes se font plus licencier que les femmes car ils ont une tendance à faire naitre un sentiment d’appartenance pour une classe et donc pourraient faire lever des mouvements pour cette même cause.

Mais pour se rebeller le peuple doit être organisé or les syndicats de l’époque ne sont pas tous efficaces et les autorités par peur de représailles, veulent briser ceux qui fonctionnent. Les travailleurs tentent tant bien que mal d’arriver à leur but de réforme qui conduit souvent à l’affrontement physique et à de très nombreuses grèves.  Devenus trop nombreuses, elles vont forcer le patronat à accepter des accords améliorant les conditions des travailleurs.

En conclusion le livre nous emmène dans une Chine où un système économique émergeant doit faire concurrence aux puissances étrangères, pour se faire le pays va embaucher de nombreuses personnes. Mais le patronat se permet de négliger la condition des travailleurs manuels qui sont pour la plupart des femmes en leur affligeant une cadence infernale de travail, ces travailleurs soumis à tant de règles et assujettis aux cadres supérieurs après quelques années se rebelleront contre ce même patronat.

En ce qui concerne mon avis premièrement j’aimerai aborder le fait qu’il est appréciable que tous les noms d’organismes et de métiers soient transcrits en pinyin à noter qu’au début du livre il y a une introduction dans la prononciation du pinyin. Ensuite le fait que l’auteur nous détail chaque scène chaque lieu avec précision nous permet de mieux situer le décor de cette chine du XXe siècle. Au fil du livre nous avons de nombreux témoignages tirés de plusieurs ouvrages qui rend la lecture encore plus intéressante, nous avons souvent des tableaux et des récapitulatifs qui fluidifient d’autant plus la lecture. Les notes sont écrites en fin de chapitre et non en bas de page mais l’on peut s’en passer pour comprendre le texte principal. Le fait que de nombreux pourcentages et que les chiffres soient écrits sur des pages entières peut parfois rendre la lecture difficile en revanche il est très appréciable d’être aussi précis, lorsque l’auteur a des doutes vis-à-vis d’une source il n’hésite pas à le mentionner et donner son propre avis. En bref un livre très agréable à lire qui répond à beaucoup de questions concernant la vie d’un travailleur en Chine au XXe siècle.

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