Friday, October 27, 2017

Le rapport de Mao sur le mouvement paysan.

L’extrait du jour concerne un rapport de Mao Zedong, rédigé en 1927, à propos du mouvement paysan dans la province du Hunan ; alors le centre névralgique de cet évènement. Le document est relaté dans l’œuvre de Mason J. Gentzler, « Changing China: Readingsin the History of China from the Opium War to the Present  », aux pages 217 à 222 et imprimé par la maison Praeger à New York en 1977. L’initiative de Mao correspond à une tentative de motiver son parti alors minoritaire, fragile et hésitant à agir tandis que les tensions avec le Guomindang vont en s’aggravant.

Lorsqu’il énonce ses différentes constations argumentées, le communiste dénigré tente d’avertir ses contemporains que la classe ouvrière est vitale à l’ambition révolutionnaire. Alors que les prolétaires des villes et les collectifs paysans étaient délaissés par le Parti Communiste Chinois (craignant les foudres du grand frère t autre réactionnaires du Guomindang).

Et l’enquête minutieuse, sérieuse et engagée du jeune Mao lui permit de comprendre qu’on l’avait bien mal informé sur la question paysanne, tant on avait minimisé et déformé la vérité. Chose qu’il pu découvrir par lui-même, en son expédition dans la province et espère rectifier par ce rapport. De plus, il prédit un vent de révolte de grande ampleur à l’échelle nationale d’ici peu. Ses propos cinglants renvoient à la virulence de la révolte bolchevik de 1917 en Russie, sinon à l’élan patriotique de 1911 en Chine (qui perdurait encore dans les années 20, contre les seigneurs de la guerre, les étrangers et leur politique « impérialiste » exploitant encore le peuple).

Dans un second paragraphe, l’auteur décrit l’évènement du mouvement réactionnaire et revendicaliste comme efficace, au regard de ce qui s’en suivit. L’abolition des privilèges aux classes aisés (propriétaires terrien, élites locales ...) et par la même de tout pouvoir sur ces terres. Les collectifs paysans s’arrogeant légitimement le droit de se gouverner. Mao achève son constat par une citation troublante : « Tout le pouvoir aux associations de paysans, est devenu une réalité ».

Son troisième point relate le vent de panique des offusqués, la gentry urbaine à la fois hystérique et scandalisé par cette brutalité, propage la nouvelle  de son point de vue. Tandis qu’évincer ces gens-là, considérés comme néfastes par l’auteur, lui semblait être l’objectif de cette rébellion. Un activisme du progrès, destiné à briser la machine infernale arriérée et ses rouages malfaisants. Mao tente-là de rassurer sur la situation qui agite les campagnes jusqu’aux villes.

Il est d’ailleurs bien conscient que certains y voit de l’excès en tout, voire de la barbarie. Mais l’auteur cautionne ces agissements et tente d’en minimiser l’image choquante. Puisqu’il leur concède une frustration certaine et une vie si dure que quelque acte de vengeance personnelle semblant raisonnables à son sens. Puis il rappelle une évidence, celle de ne pouvoir mener une révolution sans violence ni affirmation de la gronde populaire oppressée. Il sollicite enfin ses camarades d’y aider.

1 comment:

  1. Vous ne prenez aucune distance critique vis-à-vis de ce texte. Vous semblez le considérer comme allant de soi. C'est un te te fascinant, bien sur, mais aussi terrible. Avez-vous bien saisi les implications? Avez relevé la tonalité et le vocabulaire employé ?

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