Saturday, November 25, 2017

毛澤東:在延安文藝座談會上講話 (1942年5月)



Le texte est extrait d’un discours de Mao Tsé-Toung en 1942, définissant la conception de l’art littéraire selon les classes sociales, et les enjeux de la littérature. 

En 1905, Lénine avait déjà répondu à la question “à qui s’adresse la littérature ?”. Selon lui, la littérature devait s’adresser à la masse populaire. En 1942, depuis Yan’An, Mao reprend cette question et sa réponse, qualifiant en premier lieu la littérature de l’époque, et apportant ensuite une définition de la masse populaire. Ce n’est qu’après cela qu’il définit la conception de la littérature qui correspondrait le mieux à la masse populaire. 
À l’époque où le texte est écrit, la littérature est, selon Mao, celle des propriétaires terriens, et par extension, celle du féodalisme. Elle est dominée par une classe sociale qui se bat contre la révolution, et est donc “la littérature de l’impérialisme”. Or, selon les chiffres avancés dans le texte, la population totale de la Chine est constituée à plus de quatre-vingt-dix pour-cent de paysans, d’ouvriers, de forces armées pour la libération et de petite bourgeoisie urbaine. Cette dernière catégorie semble être considérée comme alliée de la révolution. C’est donc à ces quatre catégories, qui forment ladite masse populaire, que la littérature doit s’adresser. 
Pour ce qui est de la petite bourgeoisie, la position de Mao Tsé-Toung ne leur est pas entièrement favorable. Aussi, il précise qu’il n’y a “aucun homme dans [les rangs du communisme] qui n’accorde davantage d’importance à la petite bourgeoisie qu’au prolétariat”. Cette classe sociale, étant elle-même, en comparaison aux ouvriers, paysans et soldats, une catégorie privilégiée, serait incapable de servir véritablement le prolétariat, et les oeuvres artistiques de bon nombre d’entre eux ne font que soutenir une idéologie égoïste et ne se souciant que des petits bourgeois. 

Lorsque l’on entend parler de Mao et de la littérature, la première pensée qui nous vient reste l’autodafé ; ce discours parle en fait de “refaçonner les formes littéraires du passé, [pour] les mettre au service du peuple”.  L’art fait donc partie, selon ce texte, des principales composantes de la cultures et du pays dans sa globalité à mettre entre les mains du prolétariat.

1 comment:

  1. On n'est pas dans l'ordre de l'autodafé, mais la logique énoncée par Mao est bien celle d'une mise sous tutelle de la création littéraire et artitique. Sa démarche, comme dans celle de nombre de ses textes, est de procéder par oppositions manichéennes.

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