Saturday, November 25, 2017

Mao Zedong : Intervention aux causeries sur la littérature et l’art à Yenan − mai 1942

Le document est un discours d’ouverture prononcé par Mao Zedong en mai 1942 à Yenan (ou Yan’an). Il aborde ici l’enjeu de la littérature et de l’art dans le mouvement révolutionnaire communiste.

Dans son introduction, Mao explique que l’art doit s’intégrer complètement dans le « mécanisme général de la révolution ». Il compare la culture à une arme et peint un parallèle militaire : « le front de la plume et le front de l’épée » ou « une armée de la culture ». On trouve également une justification de la révolution avec un aspect héroïque (« la tâche de la libération nationale accomplie » et « la libération du peuple chinois »), rhétorique trouvée dans d’autres documents de Mao. Enfin, on note que s’il considère la culture comme une arme pour les Communistes, il pointe du doigt qu’elle est utilisée chez ses ennemis. Ainsi, la culture féodale est une arme de la « vieille » Chine, la Chine traditionnelle et Confucianiste et la culture compradore, celle de l’Occident envahisseur et capitaliste. Selon ces propos, on comprend implicitement que pour Mao, la culture est toujours porteur d’un message idéologique/politique et son point de vue ignore la possibilité d’un art purement esthétique et supprime l’aspect privé ou individuel de l’art.

Dans son développement, l’auteur explique que, même si les artistes révolutionnaires sont nombreux, ils ne sont pas tous intégrés au mouvement et ce, à cause de cinq problèmes. Le premier est la « position de classe » : chacun doit suivre l’esprit/la politique du CCP, la « position juste ». Ici, le caractère idéologique est renforcé ainsi que la dictature mentale : rien n’est juste en dehors de ce que choisit le parti. Le deuxième est l’attitude, c’est-à-dire comment l’artiste doit réagir face à certaines personnes et à quoi doit servir son art. Envers les « ennemis », il doit « dévoiler leur cruauté, leurs mensonges ». Envers des alliés divers, il doit féliciter leurs victoires mais également critiquer. Et enfin, envers les masses populaires, il doit glorifier leur résistance et éduquer, servir de guide bienveillant aux membres pas encore tout à fait bien « conditionnés ». Mao décrit une ligne de conduite très précise à adopter. Le troisième problème est le public : l’artiste doit savoir qu’il s’adresse à des ouvriers, des paysans, des soldats et des cadres révolutionnaires. Il doit connaître réellement son public, la réalité d’une classe sociale pour pouvoir résoudre le quatrième problème, celui de produire un travail adéquat. En effet, la connaissance du public permet un travail qui fera écho à ce public, qui aura donc un véritable impact. Enfin, le cinquième est celui des études. En lien avec son idéologie, Mao considère qu’ils doivent avoir une bonne connaissance du Marxisme-Léninisme sans quoi ils ne comprendraient pas les changements sociaux/politiques.


En conclusion, Mao considère que l’art/la culture sont des éléments importants d’une révolution. Il définit une fonction stricte à l’art et de ce fait, le prive du caractère esthétique et de cette liberté d’expression souvent associée : « toute forme d’art qui ne sert pas l’Etat, donc le CCP, n’a aucune valeur, est un mauvais art ». 

1 comment:

  1. Lecture juste. Vous vous arrêtez juste en deça d'une solide interprétation finale de ce texte.

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