Sunday, November 26, 2017

Mao Zedong : Intervention aux causeries sur la littérature et l’art à Yenan − mai 1942

Ce document est un extrait de l’allocution prononcée par Mao Zedon : « Intervention aux causeries sur la littérature et l’art à Yenan » en mai 1942.   À cette date, Mao a surclassé ses rivaux et occupe la première place dans le pouvoir communiste

Entre 1942 et 1944 le PCC exerce le mouvement de rectification de Ya’an il est facile de déceler dans ce discours le désir du partit de tenir les intellectuels sous contrôle.  

Mao fait la différence entre deux littératures : une littérature « au service des exploiteurs et oppresseurs » et une littérature qui devrait servir l’Etat, comme le suggère aussi Lénine, en l’occurrence la cause révolutionnaire défendue par le PCC. Pour la première, Mao fait référence aux lettrés au temps de l’ordre impérial dont la littérature était au service des propriétaires terriens. On sent d’ailleurs le désir de Mao de diaboliser la féodalité (le mot « féodal » est répété trois fois en l’espace de quatre lignes) et tout ce qui est à son service et ce afin de toucher son peuple majoritairement paysan.

Mais résumer une littérature féodale à une littérature qui a eu lieu pendant l’exploitation du peuple par les propriétaires terriens, c’est remettre en cause 2000 ans de littérature. Dire que la littérature ne doit être qu’au service du PCC c’est aussi oublié le propre passé du PCC avec entre autres Chen Duxiu qui était en perpétuelle rébellion contre le régime en place.

S’ensuivent alors quatre grandes parties où sont déclinées les thèmes majeurs des Causeries : qui servir ? Comment servir (élever le niveau ou populariser) ? Quelles doivent être les relations avec le Parti, en son intérieur comme avec ses relations extérieures ? Pourquoi le développement de la critique littéraire est-il indispensable ? Au total donc, nous avons affaire, pour le moins, à des « suggestions » de travail très directives…

Par son discours, Mao souhaite balayer la culture littéraire et artistique chinoise et la remplacer par une au service du communisme. Au moyen du concept de la "ligne de masse" il entend la faire passer pour une littérature qui sert les élites oppressantes, et ainsi obtenir le soutien  de la classe paysanne.  Avec l’augmentation de la censure, et la réduction des libertés, le mouvement de rectification de Ya’an s’inscrit dans une politique dictatoriale du PCC. 

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