Thursday, November 30, 2017

On The People's Democratic Dictatorship, Mao Zedong (1949)

Ce document est un extrait de l’essai On The People’s Democratic Dictatorship de Mao Zedong. Publié en 1949, l’auteur explique les fondements qui doivent donner naissance à la « New Democracy », c’est-à-dire le système mit en place au début de la république populaire. Cet extrait en particulier expose cette combinaison singulière d’éléments dictatoriaux et démocratiques, qui selon Mao est nécessaire à une future « Great Harmony ».

Mao débute en mettant en lumière l’avancement, supposément, réalisé par le CCP. Cet avancement, décrit en termes élogieux de « tremendous advances » qui ont « radically changed the face of China », ont permis de former deux fronts : un front en Chine avec l’union du prolétariat, de la paysannerie et de la bourgeoisie et un front à l’international avec les peuples d’autres pays, particulièrement l’Union Soviétique. En appuyant sur cette notion d’unité, Mao donne l’impression que le CCP a un rôle fédérateur, qu’il regroupe toutes les atteintes de plusieurs classes et qu’il est donc réellement la voix du peuple.

Dans les paragraphes suivants, Mao répond à des critiques qu’a pu recevoir le parti et ses réponses donnent une explication de ce qu’implique cette dictature démocratique.

La première critique est « You are leaning to one side », ce à quoi Mao répond que choisir un seul côté, un seul bord est la seule solution si l’on veut atteindre la victoire. Selon lui, chaque Chinois doit choisir un bord et il n’en existe que deux : le socialisme (le bord du CCP) ou l’impérialisme (le bord du GMD). A nouveau, Mao affiche une vision manichéenne : le socialisme est la voie du parti et tout ce qui n’est pas socialiste est impérialiste, il n’existe pas d’entre ni de « troisième voie » (comme dans son rapport au Hunan, une vision en noir et blanc, ici la diabolisation de l’impérialisme/du GMD est plus implicite). L’utilisation de la métaphore de la « clôture » (« fence ») entre les deux renforce cette vision tranchée et une certaine agressivité peut se dégager lorsqu’il précise que le CCP s’oppose aux impérialistes et à ceux d’une « troisième voie ».  

A « You are dictatorial », Mao admet l’être. Cependant, il avance qu’il s’agit d’une dictature par et pour le peuple : la démocratie est pratiquée au sein du peuple mais les « reactionnaries » ne peuvent pas en bénéficier (on note ici la dénomination « reactionnaries » très négative). Mao fait ici une distinction entre le peuple et les autres : il exclut l’opposition, les Nationalistes, de la citoyenneté. Or, dans une démocratie, le peuple n’est-il pas supposé être l’ensemble des citoyens quelle que soit la classe sociale ou l’orientation politique ? Il explique ensuite que dans cette démocratie, ce « peuple » profite, entre autres, de la liberté d’expression. Cependant, n’est toléré aucun autre esprit/position que ceux dictés par le parti (on se souvient de la campagne de rectification de 1942-1944), on a ici une contradiction.

Ainsi, Mao tente de justifier une dictature du peuple afin de mettre en place une démocratie et atteindre un pays socialiste et communiste sans classes sociales, il est convaincu d’avoir un « droit moral » d’exercer une dictature pour le peuple. 



1 comment:

  1. Votre lecture est assez juste. Vous n'avez pas resitué ce texte dans son contexte, celui de fin juin 1949. A qui s'adresse Mao? Vous pouviez aussi prolonger votre analyse, correcte, des attendus du texte. Quelle société Mao envisage-t-il finalement?

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