Thursday, November 2, 2017

REPORT ON AN INVESTIGATION OF THE PEASANT MOVEMENT IN HUNAN, MAO ZEDONG (1927)

Le document est une traduction d’un rapport écrit par Mao Zedong. Ce rapport sur son observation du mouvement paysan dans le Hunan a été publié en 1927 et l’auteur y expose l’envergure du mouvement, son objectif et ses « ennemis » ainsi que les moyens qu’il doit se donner.

Tout d’abord, si ce texte est représentatif de la montée relative du communisme en Chine pendant les années 1920 avec l’aide de la Russie Soviétique, l’idéologie de Mao Zedong repose sur la paysannerie et non pas sur le prolétariat urbain à l’instar du Marxisme et du Léninisme. Son implication dans l’organisation de la paysannerie est aussi représentative de la volonté des Communistes de gagner le soutien de cette classe sociale, le parti ne comptant encore pas beaucoup de membres en 1926.

Mao Zedong voit donc la paysannerie comme l’avant-garde de la révolution chinoise : il qualifie le mouvement d’insurrection comme un « colossal event » et affirme qu’il compte plusieurs centaines de millions de paysans prêt à se soulever. Tout au long du texte, sa formulation peint une dichotomie très nette, probablement trop nette. A travers ses mots, il donne d’abord au mouvement un statut de victime (« shackles that bind them ») qui cherche à  se libérer (« along the road to liberation »), donnant ainsi une légitimité à l’insurrection. Son choix de lexique, des mots tels que « mighty storm » ou « hurricane », donne ensuite une très grande envergure et force au mouvement et une dimension incroyable, comparable à une catastrophe naturelle qui ne peut être évitée. Face à la paysannerie, il oppose les « tyrant », l’ « evil gentry », les « lawless landlords » et les « corrupt officials » ; tous représentant les leaders du « rural feudalism » qui enchaînait la classe paysanne. Ainsi, les paysans, selon Mao, sont investis d’une « historic mission » : celle de renverser le féodalisme rural sous l’étendard de la « rural democracy ».
De plus, on peut noter une utilisation de mots très forts voire violents, « sweep […]into their graves », « targets of attack », « those who resist perish », pour décrire l’action du mouvement et ses objectifs. L’auteur admet naturellement que les paysans sont « unruly » et ont créé une terreur dans les campagnes mais selon lui, cela n’est pas « aller trop loin ». Comme il l’explique dans le dernier paragraphe, pour Mao Zedong, la violence des actions menées par l’insurrection est justifiée et nécessaire, car sa propre définition d’une révolution inclut la violence (« A revolution is an insurrection, an act of violence by which one class overthrows another. »).

Ainsi, ce rapport nous rend compte du point de vue très radical de Mao Zedong, de sa révolution communiste menée par la classe paysanne afin de renverser un système qu’il considère féodale. Il est aussi représentatif de la bataille du parti communiste chinois à gagner en pouvoir dans une période où les Communistes et les Nationalistes s’allient pour ensuite se déchirer autour de la régence du pays, pays qui doit faire face simultanément à la présence britannique et à la menace japonaise.


1 comment:

  1. Lecture lucide, plutôt bien écrite. Vous pouviez prolonger votre analyse des points que vous relevez avec justesse. Attention à ne pas perdre de vue la date et le contexte. Il ne s'agit pas du PCC, mais de Mao, qui n'engage ici que lui. Il ne s'agitpas de "montée relative du communisme". On est dans un registre plus pragmatique d'agitation et de mobilisation "provoquée" et non spontanée.

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