Saturday, December 17, 2016

MIT visualizing cultures: https://ocw.mit.edu/ans7870/21f/21f.027/home/index.html



MIT visualizing cultures:  https://ocw.mit.edu/ans7870/21f/21f.027/home/index.html

Date mise en ligne initiale : 2002
Dernière modification visible : 2016 (exposition Kyochika)
Date de la dernière consultation : 17/12/2016
Editeur: Massachusetts Institute of Technology © 2015 Visualizing Cultures
Usage : Site spécialisé dans la recherche accès sur l’histoire asiatique par l’analyse d’image. Publique visé : enseignants, étudiants, chercheurs

Documentation, instruction pour explorer le site :
Les ressources disponibles sur Visualizing Cultures se trouvent dans l’onglet « Units ». Elles permettent un agencement en trois types : icones, textes, ou liste mais présentent toutes le même contenu.
Le lien Facebook n’est plus actif.


La plateforme Visualising culture est un site qui se donne pour vocation d’exploiter les possibilités du net pour permettre la diffusion de ressources visuelles rares (photos, peintures ou images d’archives, vidéos) en haute définition. Accompagné d’articles et d’analyses, offertes par la contribution de 28 chercheurs différents, le site est un outil pour les historiens ou étudiants concernés par le monde asiatique prioritairement porté sur le Japon, puis, la Chine, couvrant des périodes allant de 1700 à 1960.


Architecture et structure : 
Le site s’axe autours d’une page de garde sommaire, présentant la structure et ses objectifs. Dans une navigation simple et intuitive, deux onglets supérieurs (MIT vizualising culture et Units), permettent de distinguer le contenu historique des informations propre à l’Organisation. Plusieurs rappels de liens présents par le biais du visuel central, d’un mur d’image, ou encore d’accès direct au plus récents articles, permettent à l’utilisateur d’accéder rapidement aux contenus historiques. 
Dans son onglet « MIT Vizualising culture », le site diffuse les informations relatives à son organisation interne ; ses orientations de recherches, une liste des chercheurs associés et un renvoi sur leur propre plateforme, une présentation des principales organisations ayant contribuées à l’apport des supports visuels ainsi qu’un calendrier d’évènements détaillant congrès séminaire ou expositions (malheureusement arrété à 2015). Enfin, une rubrique contact dotée des habituels liens tweeter, Facebook et e-mail terminent l’onglet.

La partie « Units », qui constitue le cœur du site peut s’organiser selon trois méthodes : icone, texte, ou liste mais présentent toutes le même contenu. L’organisation en Icone présente l’avantage de voir un aperçu direct des contenus visuels et incarne parfaitement les objectifs de VC. L’utilisateur néophyte se trouve indiscutablement attiré par ce mur d’image, qui reste cependant déstabilisant. En effet du fait de cette organisation, les premières visites donnent une impression de vertiges qui s’accentue lorsque l’on tente d’accéder aux autres unités de l’onglet. Néanmoins après avoir maitrisé le système de rappel de liens, la navigation devient réellement plaisante et permet d’exploiter l’ensemble des contenus.

Le site prend réellement toute sa valeur lors de la navigation au sein des différents sujets. Il met ici à profit tout l’avantage des technologies numériques. Les images ou vidéos peuvent alors être exploitées et sont contextualisées au moyen d’articles web, power point ou PDF, dévoilant ainsi leur dimension historique. Chaque article étant lui-même composé d’une partie « ressources et crédits » de qualité, attestant d’une démarche universitaire réelle.

Analyse et évaluation :
En tant qu’entité  se proposant de mettre en valeur au travers des nouvelles technologies des contenus visuels rares de qualités numérique irréprochable VC est un exemple de réussite.
A l’instar de la partie consacrée au « The Garden of perfect brightness » la page internet nous offre une utilisation originale et réellement intuitive du sujet. En effet, en réutilisant dans différents contextes les images, VC exploite des ressources exclusives de diverses fondations. Ils proposent une présentation originale du jardin en recréant une carte numérique de celui-ci et mettent en même temps à disposition une fresque d’images numériques en HQ. De plus, avec l’apport de l’auteur Lillian M Li, le site en joignant les supports visuels au travail du chercheur, propose une ressource universitaire gratuite, dans un format en ligne ou en PDF. Avec la collaboration de deux autres universitaires et l’exploitation d’une bibliographie de plus d’une cinquantaine d’entrées, le travail dirigé par Mr Li, représente un travail historique difficilement critiquable. 

Dans une autre partie, la plus récente cette fois-ci (2016), l’étude intitulé « Kyochika’s Kyoto » révèle un autre exemple des réalisations de VC. Les efforts consacrés à la présentation de l’œuvre de l’artiste japonais du 19 siècle mettent à portée des internautes des contenus exclusifs. Là encore, le site nous propose une carte d’époque, cette fois ci de Tokyo, numérisée et active qui reprend en les situant les œuvres du peintre. Présentée en trois parties par un conservateur d’art japonais en la personne de James Ulak, VC nous offre une visite guidée de l’exposition Arthur M. Sackler Gallery, Washington, DC au moyen de 10 vidéo de 3 à 1 min 50.

Efficacité en tant que source primaire ou secondaire :
Il apparait évident que l’intérêt que représente la plateforme VC comme matériel historique est indéniable. Néanmoins elle reste un outil spécialisé. En effet, de par la spécificité des thèmes et les sujets abordées, le site ne peut que difficilement servir de source primaire à un travail de recherche. Les documents présentés proposent des analyses pour la plupart très poussés mais également très spécifiques. Il est important de modéré ici ce propos, en stipulant que la démarche est moins un travail d’analyse critique de l’image qu’un travail historique contextualisant au moyen de sources, des contenus visuels, parfois impossible à trouver sur le net. 
Il en reste que comme source secondaire, c’est un excellent outil qui octroi plusieurs avantages. Le premier résidant naturellement dans la dimension vivante, interactive que permet la diffusion de contenu visuel par le net, le second, à l’instar du dossier « Illustrations of China & Its People. Vols. 1–4 », dans la formidable base de documents historiques que représente le site.
Enfin, là où réside la valeur d’un tel travail se retrouve indéniablement dans sa faculté à « imagé » l’histoire, en permettant la création d’un imaginaire s’appuyant sur un travail historique fiable, mis à disposition de chaque internaute. 

Utilisation étudiante :
Au regard de la conclusion du dernier paragraphe, il apparait évident que VC est un outil parfait pour les étudiants d’histoire. Une fois passé la barrière des premières navigations, qui tient plus de la crainte de manquer une image ou une information que d’un réel problème d’ergonomie, le site se révèle être une référence. De par la qualité  des documents proposés, leurs agencements et leurs exploitations dans des articles universitaires, pouvant se présenter parfois même comme des cours , VC permet d’aborder certains épisodes de l’histoire de manière ludique et vivante.

Tuesday, December 13, 2016

On the People’s Democratic Dictatorship, Mao Zedong (1949)



 T.Sophie
L3S1S12
On the People’s Democratic Dictatorship, Mao Zedong (1949) :


                Cet essai intitulé « De la dictature démocratique populaire » paraît en juin 1949, immédiatement à la fin de la 2nde Guerre Mondiale, quasiment à la fin de la guerre civile qui a opposé les troupes de l’APL à celle du Guomindang. L’APL s’est alors emparée des villes côtières de Nanjing à Shanghai. II précède de quatre mois la proclamation de la RPC, le 1er octobre 1949 de la République populaire de Chine. Ce texte réactualise le point de vue maoiste sur le rôle essentiel de la paysannerie, sur le front uni, mais fait preuve aussi d’un réel opportunisme politique. En effet, les communistes chinois sont en train de rencontrer des difficultés dans la gestion économique des zones conquises par l’APL. Ainsi on comprend la mention de la « bourgeoisie nationale » dont les communistes ont besoin pour leurs capacités gestionnaires. Néanmoins, cet essai sert de  base théorique à la RPC et annonce l’union populaire de quatre différentes classes sociales, celle de la classe ouvrière, de la petite paysannerie, de la petite bourgeoisie et de la bourgeoisie nationale précédemment citée, toutes unies contre les impérialistes, féodaux ainsi que les autres « ennemis du peuple », auxquels Mao dénie tout droit de suffrage dans sa « Démocratie nouvelle », nom donné à cette première période de reconstruction de la Chine.
                Il peut paraître assez antithétique de rapprocher les termes de dictature et démocratie populaire, cependant dans cet essai, Mao livre sa vision des choses, et développe le sens qu’il entend derrière ces mots. En effet, pour lui il y a une dictature nécessaire du parti communiste au pouvoir car celui-ci, bien que possédant tous les outils du pouvoir, n’agit que grâce à la légitimité que lui confère le peuple, et dans son intérêt. C’est en cela qu’il appelle ce régime une dictature démocratique populaire, et que celle-ci est vue de façon positive.
                Mao affirme également dans cet essai qu’en dehors de l’unité populaire du peuple chinois, il faut viser une union internationale, et pour cela intégrer aussi les alliés idéologiques, en particulier le « frère soviétique », qui a soutenu, influencé mais aussi aidé matériellement le PCC. Mais d’autres pays voisins sont aussi concernés : on pense notamment au Vietnam (la RPC va aider les communistes vietnamiens dans leur guerre d’indépendance) et à la Corée (envoi d’armes et de « volontaires » chinois lors de la guerre de 1949-1953).
              Afin d’atteindre ses objectifs, Mao n’hésite pas à justifier la dictature radicale envers les opposants du système, les « réactionnaires », les  « running dogs of imperialism », les réactionnaires nationalistes et à les censurer, les priver « du droit de parole »,  et même à les éliminer physiquement. Ce texte nous éclaire sur la répression ultérieure pratiquée en RPC.
                En filigrane de cet essai, on comprend que Mao envisage déjà un programme de réforme de très grande ampleur. Il veut à la fois restructurer le pays autour de réformes économiques en passant par des réformes agraires et industrielles, réformer structurellement la société en l’épurant de ses ennemis, et enfin faire une réforme militaire afin de renforcer l’appareil d’Etat, et assurer la sécurité du peuple, le tout pour retrouver la grandeur de la Chine.
                Ce texte préfigure les grandes lignes de la politique de Mao, et fait apparaître son pragmatisme politique sans scrupules (élimination des concurrents, de l’opposition, contrôle de la population grâce à une armée puissante sous ses ordres…), et sa volonté de contrôler l’ensemble de la société chinoise pour assurer la réussite du nouveau régime.