Thursday, September 29, 2016

1. LETTER OF COMMISSIONER LIN TO QUEEN VICTORIA (AUGUST 1839)Dun Jen Li, China in Transition, 1517–1911 (New York: Van Nostrand Reinhold, 1969), pp. 64–67.



La Chine a connu de nombreux troubles due au commerce de l’opium. Elle a subi de lourdes répercussions économique, agricole et sociale. Le débit des cargaisons ne cessant d’augmenter (de 20.000 caisses en 1830 a 40.000 en 1838 : Jacques Gernet , le Monde chinois ) Pékin se décide à agir et penche en faveur de ceux qui prônent la mise en place de dispositions radicales. En 1839 le commissaire Lin Ze Xu 林則, mandaté par l’empereur prend des mesures qui précipiteront la première guerre d’opium. C’est ainsi, dans le cadre de ces actions, qu’est rédigée la présente lettre adressée à la Reine Victoria.


     La première partie du document met fortement en avant les qualités de bienveillance et d’empathie de l’empereur Chinois. Outre l’aspect formel que revêt ce déploiement élogieux, il est important de voir ici l’expression d’un sentiment de supériorité de l’empire Mandchoue à l’égard des pays étrangers.
L’auteur évoque ensuite les bénéfices que les Britanniques ont eu à commercer avec la Chine. Commerce, il est vrai , dont ils eurent longtemps le monopole par l’intermédiaire de la compagnie des Indes orientales mais qui expliquera en partie l’utilisation de l’opium comme un moyen pour renverser la balance économique en leur faveur .
Enfin, Lin Ze Xu 林則 poursuit avec ce qui constitue le motif de sa lettre. Il s’indigne qu’en dépit de toute législation le commerce de l’opium continu et fait entendre qu’il est prêt à prendre les mesures nécessaires. (qui s'est entre autre traduit par l'anéantissement de cargaisons d'opium).
Malgrè tout, bien plus que des menaces militaires c’est à la conscience et au sentiment de culpabilité que vont une série d’interrogations dévoilant la révolte et la déception du commissaire, qui finit sur « l’espoir » de voir s’arrêter immédiatement le trafic de l’opium.

 Cette lettre nous amène à penser différents phénomènes comme par exemple la manière dont le monde chinois est entré sans le vouloir dans le commerce mondial et les processus qui ont permis aux Britanniques de renverser une situation économique qui leur était jusque-là défavorable. 

  Mais elle nous permet surtout, d’observer les mécanismes qui ont précipité le déclin de la dynastie des Qing.
Comment la Chine pour qui, à l’époque, la puissance militaire européennes ne représenté pas une menace insurmontable, a été amenée à concéder à l’occident de plus en plus de privilèges et de quelles manières le poids de l’administration et de l’héritage culturel s’est révélé être un frein au processus de modernisation.

A cet égard et pour conclure, notons la position de l’auteur. A la suite de son échec il ne cessera de prôner l’étude des savoirs étrangers sans pour autant vouloir l’ouverture aux occidentaux et sera à la base du matériel qui constituera « le traité illustré des royaumes maritimes ».

1. LETTER OF COMMISSIONER LIN TO QUEEN VICTORIA (AUGUST 1839)Dun Jen Li, China in Transition, 1517–1911 (New York: Van Nostrand Reinhold, 1969), pp. 64–67.


La Chine a connu de nombreux troubles due au commerce de l’opium. Elle a subi de lourdes répercussions économique, agricole et sociale. Le débit des cargaisons ne cessant d’augmenter (de 20.000 caisses en 1830 a 40.000 en 1838 : Jacques Gernet , le Monde chinois ) Pékin se décide à agir et penche en faveur de ceux qui prônent la mise en place de dispositions radicales. En 1839 le commissaire Lin Ze Xu 林則, mandaté par l’empereur prend des mesures qui précipiteront la première guerre d’opium. C’est ainsi, dans le cadre de ces actions, qu’est rédigée la présente lettre adressée à la Reine Victoria.


     La première partie du document met fortement en avant les qualités de bienveillance et d’empathie de l’empereur Chinois. Outre l’aspect formel que revêt ce déploiement élogieux, il est important de voir ici l’expression d’un sentiment de supériorité de l’empire Mandchoue à l’égard des pays étrangers.
L’auteur évoque ensuite les bénéfices que les Britanniques ont eu à commercer avec la Chine. Commerce, il est vrai , dont ils eurent longtemps le monopole par l’intermédiaire de la compagnie des Indes orientales mais qui expliquera en partie l’utilisation de l’opium comme un moyen pour renverser la balance économique en leur faveur .
Enfin, Lin Ze Xu 林則 poursuit avec ce qui constitue le motif de sa lettre. Il s’indigne qu’en dépit de toute législation le commerce de l’opium continu et fait entendre qu’il est prêt à prendre les mesures nécessaires. Ce qui sous-entend, entre autre , l’arrêt des échanges commerciaux.
Bien plus que des menaces militaires c’est à la conscience et au sentiment de culpabilité que vont une série d’interrogations dévoilant la révolte et la déception du commissaire, qui finit sur « l’espoir » de voir s’arrêter immédiatement le trafic de l’opium.

 Cette lettre nous amène à penser différents phénomènes comme par exemple la manière dont le monde chinois est entré sans le vouloir dans le commerce mondial et les processus qui ont permis aux Britanniques de renverser une situation économique qui leur était jusque-là défavorable. 

  Mais elle nous permet surtout, d’observer les mécanismes qui ont précipité le déclin de la dynastie des Qing.
Comment la Chine pour qui, à l’époque, la puissance militaire européennes ne représenté pas une menace insurmontable, a été amenée à concéder à l’occident de plus en plus de privilèges et de quelles manières le poids de l’administration et de l’héritage culturel s’est révélé être un frein au processus de modernisation.

A cet égard et pour conclure, notons la position de l’auteur. A la suite de son échec il ne cessera de prôner l’étude des savoirs étrangers sans pour autant vouloir l’ouverture aux occidentaux et sera à la base du matériel qui constituera « le traité illustré des royaumes maritimes ».

Monday, September 26, 2016

Document 1: Letter of Commissioner Lin Zexu to Queen Victoria (1839)



Touron Sophie
LLCE Trilangue
 
Document  Letter of Commissioner Lin to Queen Victoria (August 1839) :

                Ce document épistolaire a été envoyé peu avant la première guerre de l’opium en 1839, par un haut fonctionnaire impérial chinois, Lin Zexu, à la reine Victoria d’Angleterre, sur ordre de l’empereur, afin de l’inciter à interdire à ses sujets le commerce et la contrebande de l’opium en Chine.
Au premier abord, le ton de la lettre semble conciliant, et Lin Zexu insiste sur les bonnes relations qui existent entre la Chine et l’Angleterre, il emploie des termes élogieux en parlant de l’Angleterre, mais rappelle également que l’Angleterre a une dette envers la Chine puisque celle-ci a autorisé leur commerce et permis à l’Angleterre de s’enrichir.
Cependant, très vite, Lin Zexu en vient au motif principal de sa lettre, qui est de demander à la reine d’interdire son commerce d’opium, décrit comme un fléau qui se propage rapidement et de partout, et qui altère considérablement  la santé des personnes qui en prennent. Il invoque notamment des raisons de respect  de la souveraineté nationale de la Chine, à savoir le respect de l’interdiction par les lois chinoises du commerce de l’opium sur son territoire par des nationaux ou des étrangers, quels qu’ils soient. Cet argument juridique est de poids surtout pour un interlocuteur tel que le souverain britannique, qui depuis le Bill of Rights de 1689, est lui-même soumis à la loi et au Parlement britannique.
Par la suite, le haut-fonctionnaire impérial se plaint de l’hypocrisie de l’Angleterre qui, par appât du gain, réalise de grands profits par son commerce illégal d’opium au détriment des chinois, alors que ce même opium est prohibé sur le territoire britannique.  Le ton indigné et la vive sommation dans cette partie de lettre montre en effet toute la colère et l’incompréhension des chinois face à cette situation, et l’espoir que cela suffira à faire cesser ce commerce néfaste à la population chinoise.
L’impression que cette lettre nous laisse est multiple. Tout d’abord, les deux pays ne semblent pas être sur un pied d’égalité. En effet, le souverain chinois a visiblement choisi de s’adresser au souverain britannique par l’intermédiaire d’un haut fonctionnaire impérial, ce qui a pu sembler quelque peu offensant pour le souverain britannique. Bien que respectueux, le porte-parole de l’empereur présente ce dernier en des termes davantage honorifiques, et l’autorité de l’empereur est bel et bien affirmée, notamment lorsqu’il fait valoir  que la Chine  a permis le commerce des anglais sur son territoire et qu’a contrario, elle peut tout aussi bien fermer son marché aux étrangers, dont les anglais font partie, si ceux-ci ne se plient pas à ses exigences. Ce texte se termine sur un ton condescendant, ce qui a pu peut-être accélérer le processus menant à la première Guerre de l’opium.