Tuesday, November 29, 2016

The Jiangxi Soviet Land Law of 1932

L3S1s10
Touron Sophie



The Jiangxi Soviet Land Law of 1932 :

                Ce document publié en 1932 peu de temps avant que le Parti communiste se réfugie dans la province du Jiangxi pour échapper à l’armée nationaliste de Chiang Kai-Check, fait office de programme politique directeur du Parti communiste, alors sous l’égide de vingt-huit bolchéviques.
                Ce programme politique vise tout particulièrement à réformer la politique agricole du pays en prônant la redistribution d’office des terres aux paysans en fonction de leurs statuts et de leurs besoins. Pour ce faire, dans une première partie, est mentionné quelles terres vont être confisquées au profit des paysans pauvres, il s’agit en réalité de l’expropriation des terres de tous les propriétaires fonciers, des paysans riches, seigneurs de la campagne, mais aussi des propriétés immobilières des ensembles religieux. On ne peut que remarquer que ce texte est assez virulent envers les classes sociales qui sont considérées comme privilégiées.
                La seconde partie de ce texte liste des types de situation dans lesquelles une personne peut prétendre à obtenir un bout de terrain. On voit bien dans ce texte que le Parti communiste opère une division stricte de la société en classes, avec tout en haut de l’échelle sociale, les paysans qui sont les plus considérés, les personnes en difficulté, les femmes également sont incluses dans ce programme de redistribution des terres, mais à la condition qu’elles soient mariées. Les commerçants et artisans n’ont absolument pas le droit d’avoir des propriétés foncières, quant aux religieux et les maîtres d’école, ils ont un traitement un peu à part : ils ont droit à une parcelle de terre au même titre que les paysans, du moment qu’ils l’utilisent pour se nourrir. Tout en bas de cette échelle des classes, il y aurait les riches propriétaires, qui n’ont absolument pas le droit de posséder des terres, leurs enfants sont traités à la même enseigne, sauf s’ils proviennent de familles de paysans et qu’ils n’ont pas adopté le mode de vie des riches.
                Ce document semble quelque peu manichéen dans sa représentation de la société, avec les paysans d’un côté et de l’autre, le reste de la société, et bien qu’il apparaisse un certain souci de prendre en compte toutes les situations possibles que rencontrent les classes sociales et de rendre une certaine justice sociale, le texte reste, par trop, schématique dans sa représentation des solutions. Il semble clair que l’influence des bolcheviques ait joué un rôle dans la rédaction de ce manifeste politico-légal puisque la question de la productivité agricole de ce programme n’est guère posée, ce qui est assez problématique étant donné les besoins alimentaires de la population chinoise et la rareté des surfaces cultivables sur le territoire chinois.
                Bientôt confronté à la réalité de la situation de la vie paysanne, le PCC prend une direction davantage réaliste et pragmatique, grâce à l’influence croissante de Mao Zedong au sein du parti communiste. Celui-ci s’oppose d’ailleurs à la vision bolchevique qui consiste à stigmatiser et exclure les paysans riches car pour lui, ces derniers sont aussi un élément essentiel à l’économie locale. Cependant, le PCC n’a guère l’occasion d’essayer de mettre en pratique ce programme  dans la République soviétique du Jiangxi, puisque les troupes de Chiang Kai-shek sont toujours à leurs trousses, et c’est d’ailleurs la période qui préfigure la Longue Marche, ou plutôt la longue fuite en avant des communistes chinois.

Image en vrac Yunnan tibétain



 Juste un petit message pour vous partager les phtotos prises aux alentours de Shangrila (musée medecine tibétaine, musée de l'armée rouge) avec la propagande toujours active autour de la grande marche.
2015






THE JIANGXI SOVIET LAND LAW OF 1932 Dun Jen Li, The Road to Communism: China Since 1912 (New York: Van Nostrand Reinhold, 1969), pp. 143–148.



En 1931 Mao devient le président de la république soviétique du Jiang Xi. Convaincu depuis la rédaction de son rapport de 1927 que le salut du mouvement communiste se trouve dans l’adhésion des forces paysannes au parti, le PCC poussé dans ses retranchements par le KMT, entreprend à l’image « des lois sur les terres » la mise en place de réformes visant à s’assurer le soutien du monde rural. 

Rédigé dans un langage autoritaire le document présente le problème de la redistribution des terres. Axé en deux parties distinctes, le texte définit des classes sociales et édifie une hiérarchie dans la redistribution des richesses en fonction de celles-ci. Les terres devant être récupéré auprès des trois divisions que représentent la gentry et les propriétaires terriens, les institutions religieuses, et les riches agriculteurs, au profit des classes les plus défavorisées, les paysans pauvres et moyens (ainsi qu’aux femmes (mariés) et aux enseignants.)

Selon toute vraisemblance, il est ici plus question de s’accorder l’adhésion du plus grand nombre que représente l’ensemble de la masse paysanne plutôt que de tenter de résoudre les causes fondamentales de la pauvreté qui touche le monde agricole. (Les causes réelles ayant été en réalité fondés sur l’augmentation des taxes ainsi qu’un manque cruel de moyens techniques et technologique.)

Séduisant, donc par son aspect égalitaire et touchant un grand nombre de la population chinoise encore massivement pauvre et paysanne, le parti communiste se distingue du KMT. En effet en adoptant ce type de position il s’assure le soutient de l’ensemble d’une population délaissé par le pouvoir en place.

Le texte ne propose en soi aucune solution qui pourrait lutter efficacement contre les conditions réelles d’appauvrissement. Il se contente de réapproprier, en Chine, la question de la lutte des classes et de l’appliquer au monde paysan.

Il développe à ce titre une forte opposition envers tous ceux qui incarnent la propriété ou l’enrichissement. En passant par les marchands, les propriétaires terriens ou ce que le texte qualifie de riches paysans, c’est toute une strate de la population rurale qui est désigné comme la source, implicite, des conditions misérables des campagnes, ce faisant c’est la notion même de richesse/pauvreté qui est reconsidéré. Le pauvre incarnant la figure du soumis, qui peut grâce au parti restaurer son statut d’homme libre. Il est cependant à noter que sous l'influence de Mao qui considère les riches paysans comme un rouage essentiel de l'économie agricole le texte loin de les persécuter se contente de les déposséder.

Dans une rhétorique purement communiste, sans rapport apparent avec la redistribution des terres est également développé une critique acerbe des pratiques ésotériques associées aux institutions religieuses. 

Ce système de lois, amenant rapidement à l'intervention du KMT est révélatrice des mécanismes de l’institution du PCC. Bien qu’il apparaisse à un moment ou le parti à un besoin vital de partisans elle met néanmoins en relief les inclinaisons de celui-ci à s’axer davantage sur les aspects sociaux et idéologique que des intérêts purement productifs ou économiques. Il apparait alors que le PCC en aménageant la notion de lutte des classes au monde rural, avec en tête la figure de Mao, a su trouver, avant l'invasion japonaise, les leviers pour assurer son ascencion .